FRANÇOIS MARIE DE LANDSPERG MAGNÉTISEUR
Intervention pour une fluxion de la mâchoire, sur le lieutenant-colonel de Puthaux en 1785. Le lieutenant-colonel de Puthaux fut guéri, en trois jours, d'une fluxion qui s'était formée subitement à la mâchoire inférieure, et qui, dans les vingt-quatre heures, avait augmenté du double. Sujet à cette maladie, il en avait eu cinq depuis quatre ans : chacune avait engorgé toute la joue, et ne s'était dissipée qu'au bout de six semaines, malgré tous les résolutifs employés par la médecine. M. de Puthaux en fut quitte cette fois à meilleur marché. Dès la septième séance, sa fluxion était entièrement guérie. Intervention pour une affection léthargique, surdité et fistule lacrymale sur Amélie Dorothée Graffenauer en 1786. Depuis 1776, la nommée A.D. Graffenauer était affligée d'une affection léthargique qui la faisait habituellement dormir debout le matin. Six ans après, en 1782, elle eut des étourdissements, des maux de tête, des maux de dents, qui fort souvent étaient très douloureux, avec complication de surdité. A la suite de ces diverses affections, il lui vint à la mâchoire supérieure une pustule qui creva, et dont il sortait continuellement une matière purulente. La joue était enflée et creuse jusqu'à l'œil; on commençait à craindre un cancer, et de fréquents picotements à l'œil annonçaient une fistule lacrymale. Ce fut dans ce déplorable état que M. de Landsperg commença à la magnétiser, le 14 novembre 1785. Dès le premier mois, elle éprouva beaucoup de soulagement. Il parut sur sa tète et à visage quantité de taches, qui rendaient beaucoup d'eau jaune. Sa joue se raffermit; le mal de tête, la surdité se passèrent peu à peu; et le 17 janvier 1786, elle donna le certificat de sa guérison. dans le cours du traitement, elle n'a pris que deux fois de la crème de tartre : habituellement elle s'est servie d'eau magnétisée. Intervention pour abcès et fluxion dans la tête, sur Mlle Marie Magdeleine Brackwehr, en 1785. Mlle Brackwehr était incommodée depuis plusieurs années par une fluxion dans la tête, qui se manifestait souvent par des grosses tumeurs au cou, et par espèce de grattelle sur la tête. Lorsque ces symptômes disparaissaient, elle était tourmentée de maux de dents et d'oreilles qui l'empêchaient de dormir. Les douleurs d'oreilles étaient si cruelles, qu'il lui semblait qu'elle y avait un charbon ardent. N'ayant pu obtenir aucun soulagement des secours de la médecine, elle se présenta au traitement dans le mois de novembre, pour implorer ceux du magnétisme. Ils furent des plus efficaces. Après lui avoir procuré de nombreuses évacuations, cet agent bienfaisant agit enfin sue la cause de la maladie. C'était un abcès qu'elle avait dans la tête, qui mûrit et creva, sortant par le nez et l'oreille en grande quantité. Dès ce moment elle fut rétablie, et elle assura que depuis après longtemps, elle n'avait été aussi bien portante. Intervention pour une incontinence d'urine, sur Mlle Busch, âgée de 9 ans, en 1786. A la suite d'une maladie aigue qui avait duré près de deux mois, Mlle Busch conserva une incontinence d'urine qui l'incommodait jour et nuit. Sans autre remède que le magnétisme et l'usage de l'eau magnétisée pour sa nourriture et sa toilette, elle fut entièrement guérie au bout de quinze jours. Intervention pour une fièvre putride et suppression, sur la nommée Magdelaine Loenel (somnambule), en 1786. Cette femme offre un exemple curieux pour les médecins, de la réalité, de l'efficacité et des modes d'action du magnétisme. Elle accompagnait depuis quelque temps à la salle du traitement public, un enfant qui y était magnétisé, et qu'elle tenait près d'elle lorsqu'on lui faisait faire la chaîne. Le 16 juin 1786, elle y prit des convulsions. M. de Landsperg la magnétisa; elle tomba dans l'état de somnambulisme. Ces convulsions n'étaient pas le premier effet magnétique qu'elle eût ressenti; elle en avait déjà eu en s'approchant d'un arbre magnétisé; elle déclara, dès qu'elle fut en somnambulisme, que si on l'eût magnétisée ce jour-là, elle serait tombée en crise, et dit que l'accident qui lui était arrivé était un bienfait de la Providence, puisqu'il avait excité la charité de son magnétiseur, qui la sauvait par ce traitement d'une mort certaine. Son sang était vicié; les évacuations périodiques ne se faisaient pas. Elle eut des convulsions très fortes, des faiblesses effrayantes, mais tout cela ne l'empêcha pas de parvenir rapidement à une clairvoyance extrême, et de s'indiquer, pendant les quatre mois que dura sa maladie, tout ce qui lui fut nécessaire, non seulement à elle, mais à tous ceux qui la consultèrent. Elle donna des éclaircissements sur le baquet magnétique, sur divers appareils magnétiques, les électrophores, etc.. Ses réflexions sont pleines de justesse. Intervention pour une épilepsie, sur Marguerite Kisslerin, âgée de 30 ans (somnambule), en 1787. Marguerite Kisslerin était épileptique depuis sept ans. Quatre médecins de réputation, des chirurgiens-major habiles avaient successivement entrepris de la guérir; ils y avaient perdu leurs soins. Enfin, le docteur Erhmann fils, convaincu que le magnétisme seul pouvait triompher de cette maladie, recommanda cette fille à M. le baron de Landsperg, qui commença son traitement le 26 avril 1786. L'effet fut prompt et marqué. Elle éprouva, dès les premières séances, des frémissements, des tremblements, qui furent suivis d'un engourdissement général qui ne cessait qu'avec l'application du magnétisme. Peu à peu cette stupeur devint un sommeil profond qui durait des heures entières. Dès qu'elle tombait dans cet état, sa langue s'épais- sissait et se reployait. Quand la séance était finie, la malade faisait des efforts qui se marquaient par un tremblement dans la machine, et sa langue se déployait peu à peu. Cet état dura jusqu'au 18 juin, où elle commença à parler par signes. Le 30, sa lucidité se développa, et elle désigna sur ses doigts le terme qu'elle entrevoyait à la durée de ses maux. Elle annonça qu'elle aurait un accès le 25 juillet. Le 9 juillet, elle écrivit, et déclara qu'elle ne voyait encore d'unique remède pour son mal que le magnétisme. Le 16 enfin, elle parla pour la première fois, et dit qu'elle devait le retour de l'usage de la parole au magnétisme, et à la chaîne qu'on lui avait fait faire avec des personnes bien constituées. Elle se plaignit beaucoup du mal affreux que lui avaient fait les remèdes d'un empirique et ceux d'une sage- femme qui avait imaginé, entre autres choses, de lui faire avaler du vif argent jusqu'à deux onces à la fois. Le 30, après avoir été saignée par ses ordres, elle compara le mal que lui faisaient éprouver certaines personnes en s'approchant de trop près lorsqu'elle était en crise (somnambulique), à celui qu'on lui ferait en lui enfonçant des épingles dans le creux de l'estomac et au ventre. ses règles, qu'elle n'avait eues que très irrégulièrement depuis six ans, revinrent au mois d'août. Elle défendit à deux magnétiseurs de la société qui traitaient des épileptiques, de l'approcher : l'un deux la faisait frissonner en approchant de l'appartement où elle était. Le 31 août elle reprit la parole, qu'elle avait perdue depuis douze jours (en somnambulisme), et annonça que, pour qu'elle rendît le dépôt de sang caillé qu'elle avait dans l'estomac, il fallait qu'elle eût des accès de son mal. Le magnétisme, dit-elle ce jour là, est une chose admirable; mais combien de personnes sont dignes d'être appelés justement bons magnétiseurs ! Il faut, pour cela, ne vouloir que le bien, être sain, sobre, prudent, et s'abstenir d'expériences faites par vanité. Le 18 septembre, elle eut un accès d'épilepsie si terrible, qu'elle sortit de crise (somnambulique), et devint toute bleue; ses yeux étaient hagards; elle voulut se porter à des actes de violence contre son magnétiseur, qui eut de la peine à la maîtriser et à lui courber la tête, ce qui facilita une déjection considérable de sang caillé, qui termina cette scène après sept à huit minutes. depuis cette époque, elle augmenta en clairvoyance, et déclara qu'elle rendrait encore deux fois du sang par la bouche, et aurait à chaque fois une attaque. Le 10 octobre, elle s'aperçut qu'il y avait un électrophore dans la chambre, et exigea qu'on l'éloignât d'elle. Elle repoussait aussi l'approche de toute personne qui magnétisait, ou qui avait magnétisé des épileptiques, fût-ce même depuis six semaines, ce qu'elle ignorait en état de veille. Le 22, elle fut mise en rapport avec une somnambule nommée Magdelaine Fichter. Elle reconnut la supériorité de sa lucidité; elle accepta les remèdes qu'elle lui proposa et se soumit au régime dont elles convinrent ensemble. Le 21 novembre, elle fut saignée à chaque pied. On devait lui retirer vingt onces de sang; mais le chirurgien n'en ayant laissé couler que seize, elle s'en ordonna une nouvelle pour le 23, de vingt onces, et, dans cet intervalle, elle rendit du sang caillé par la bouche. Le 23, elle évalua le sang qu'elle avait perdu, par la saignée, par le nez, ou bien par les vomissements, à soixante-huit onces (1). Le 18 janvier 1787, après avoir rendu encore à diverses reprises beaucoup de sang grommeleux, noir, et quelquefois tout à fait caillé et en morceaux, elle annonça sa guérison pour la fin du mois. Dans le courant de ce mois, elle continua à rendre du sang caillé. Elle s'ordonna de porter encore, pendant trois mois, une plaque de verre magnétisée sur l'estomac, pour le fortifier. Dans le mois de février, elle eut le malheur d'avoir la jambe horriblement brûlée par une terrine remplie de braise. Cet accident causa quelque dérangement dans sa santé; mais elle persista à en annoncer le rétablissement parfait. Sa jambe fut totalement guérie au mois de mars au moyen de remèdes qu'elle se prescrivit. Enfin, le 23 mai, dans sa 350ème crise, qui ne dura que trois minutes, elle déclara être radicalement guérie. M. le comte de Lutzelbourg dressa le procès-verbal de cette séance, et MM. Erhmann et Weiler, médecins, y ajoutèrent leurs certificats. Intervention pour une colique dite de miserere, sur M. ....., en 1788. M. de Landsperg fut appelé comme dernière ressource par un digne et habile médecin, qui lui-même avait été averti trop tard, pour sauver un garçon tonnelier, qu'une colique de miserere avait réduit à la dernière extrémité. M. de Landsperg l'entreprit, et le guérit en vingt-quatre heures. (1) - M. de Landsperg rapporte que tous les épileptiques qui sont devenus somnambules, se sont fait faire des saignées copieuses. Il en cite un surtout, magnétisé par le comte de G...., qui s'est fait tirer à la fois, des pieds et des bras, huit livres et demie de sang, et qui, malgré l'épuisement qu'aurait du causer cette effrayante manière de se traiter, eut, une heure après, un accès terrible, qu'il avait annoncé devoir être le dernier. Pendant cet accès, quatre hommes pouvaient à peine le contenir. Il a été radicalement guéri.
D'après l'article droite), le père de Charlotte de Landsperg, François Marie, a été magnétiseur en son temps et sa pratique a été régulière comme il est décrit dans le livre " Exposé des cures opérées en France par le magnétisme animal depuis Mesmer jusqu'à nos jours " (1774-1826) de Simon Mialle - Livre édité en 1826 par J.G. Dentu, imprimeur-libraire à Paris.
Source : Google books numérique .