la troisième et dernière synagogue à Niedernai
la rue des Juifs à Niedernai
PRÉSENCE JUIVE A NIEDERNAI
inscription hébraïque sur une maison
Historique de la communauté juive de Niedernai
Photographies publiées par LA TRIBUNE JUIVE, STRASBOURG en 1934
Louis HALLEL né à Niedernai le 28 octobre 1895 - convoi 69 marié à Nancy le 22 mai 1922 avec Blanche KAHN Lina SIMON née LEVY le 5 février 1865 à Niedernai fille de Marx Lévy et de Jettel Weil - convoi 71, mariée à Niedernai le 15 septembre 1891 avec Moritz SIMON de Diemeringen Rosine GINTBURGER née BLOCH le 10 avril 1863 à Niedernai, fille de Joseph Bloch et de Philippine Lévy - convoi 72 mariée avec Georges GINTZBURGER. A vécu à Benfeld. Emanuel MEYER, né le 1er mars 1864 à Niedernai, fils de Henri Meyer et de Rebecca Emanuël.
Source : Memorbuch de René Gutman Grand Rabbin du Bas-Rhin - ADELOCH
( voir aussi sous “ Baruch Weil “ )
Source : Bulletin communal 1994 - Texte de Eugène Welschinger
LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE NIEDERNAI SOUS L’ANCIEN RÉGIME ET JUSQU’EN 1808 Source : Bulletin communal de Niedernai 1996 - Texte de Claude Ruscher.
Niederenheim - État du 15 novembre 1784. 1ère famille : - Chef, Moling - Femme, Sara - Fils, Heitz, Elis - Filles, Rachel, Betel, Mariem, Biles 2e famille : - Chef, Jacob Moyses - Femme, Kentel - Fille, Esther 3e famille : - Chef, Nathan Moyses - Femme, Sara - Fils, Jacob 4e famille : - Chef, Simon Samuel - Fils, Fohlen, Abraham - Filles, Jedlen, Behrel, Vögele 5e famille : - Chef, Leibel David - Filles, Guttel, Behrel 6e famille : - Chef, Jacob Levy - Femme, Jedel 7e famille : - Chef, Isaac Levy - Femme, Vögele - Fille, Guttel 8e famille : - Chef, Schlomen Bloch - Femme, Rachel - Fille, Jedel 9e famille : - Chef, Leyser Weyl - Femme, Rachel - Fils, Barach - Filles, Blüemel, Deltz 10e famille : - Chef, Mauschen Tagendorff - Femme, Vögele - Fils, Joseph, Schilen - Filles, Hanna, Reichel, Bilé, Larian, Guttel 11e famille : - Chef, Mordie Kahn - Femme, Layhen - Fils, Lazare, Sifer, Barach - Fille, Bisel 12e famille : - Chef, Joseph Franck - Femme, Rachel - Fils, Mauschen - Filles, Zerlen, Reisel 13e famille : - Chef, Hirtz Jacob - Femme, Fromette - Fils, Nathan, Leyen - Fille, Rechel 14e famille : - Chef, Itzig Joseph - Femme, Beylen - Fils, Wolff 15e famille : - Chef, Feist Isaac - Femme, Kenel - Fils, Lehmann - Filles, Marian, Figellé, Madel, Sara, Clera 16e famille : - Chef, Leyser Levy - Femme, Sara 17e famille : - Chef, Samuel Hirtzel - Femme, Ellen - Fils, Hirtz - Filles, Besel, Condasim, Sara, Ettel 18e famille : - Chef, Benjamin Hemmendinger, Rabbin - Femme, Blüemel - Filles, Sara, Fromette 19e famille : - Veuve, Claire - Fils, Jegel 20e famille : - Chef, Scheyen Schmeyen - Femme, Blüemel - Fils, Sender, Schmeyen, Leib - Filles, Leyen, Berel, Zerlen 21e famille : - Chef, Meyer Bloch - Femme, Theilt - Fils, Sender - Filles, Leyen, Killen 22e famille : - Chef, Männlé - Femme, Fradel - Filles, Threinen, Feigel 23e famille : - Chef, Nathan Jacob - Femme, Sara - Fils, Jacob 24e famille : - Veuve, Madel David - Fils, Götsch - Fille, Kaylen 25e famille : - Chef, David Halbronn Chantre - Femme, Jedel - Fils, Jacob, Meyer, Abraham - Filles, Besel, Relen, Mindel 26e famille : - Veuve, Besel - Filles, Ellen, Kiellé 27e famille : - Chef, Kalmen David - Femme, Hanna - Fils, David, Koschel - Filles, Ellen, Jendel 28e famille : - Chef, Wolff Elkan - Femme, Scheinlé 29e famille : - Chef, Männlé Levy - Femme, Jütterlé - Fils, Mayerlé - Fille, Ellelen 30e famille : - Chef, Nathan Isaac - Femme, Madel - Fils, Zenderlé - Filles, Zifferlé, Hännel 31e famille : - Chef, Kalmen Abraham - Femme, Sedlen - Fils, Mauschen, Zaudi, David, Barach, Leib - Fille, Nennen 32e famille : - Veuve, Besel - Fils, Jacob, Hersch, Schmeyen 33e famille : - Chef, Kalmen Schilen - Femme, Sara - Fils, Schilen - Fille, Besel - Frère, Samuel 34e famille : - Chef, Sesel Bernard - Femme, Sara - Filles, Behr, Raphaël 35e famille : - Chef, Salomon Bloch - Femme, Rechel - Fille, Jedelé 36e famille : - Chef, Abraham Jacob - Femme, Golden - Fils, Schillen, Ettel, Seges, Barach - Fille, Reisel 37e famille : - Chef, Barach Jacob - Femme, Hanna - Fils, Nathan, Abraham, Hertz - Filles, Leyen, Ettel - Veuf, Abraham Barach - Veuve, Jedel
Déportés et morts pendant la guerre 1939 - 1945
En 1790 , les Juifs à Niedernheim n’étaient pas autorisés à circuler dans les rues au moment des processions d’église le dimanche ou autres jours fériés. Le non-respect de cette loi entrainait l’arrestation. Cependant, il n’existait aucune règle précise et les autorités n’ont jamais été impliquées. Plusieurs Juifs ont été guillotinés pour cause de spéculation ou d’espionnage. Mais aucun cas n’est connu d’un Juif guillotiné à cause de sa religion ( plusieurs de ces cas cités par divers historiens semblent donc reposer sur une erreur ). Il y avait de nombreux cas de Juifs renonçant à la foi de leurs pères. Un périodique dans son numéro d’avril 1790 se vantait du fait que même les Juifs abandonnent leur religion. Source : Jews and the French Revolutions of 1789,1830 and 1848.
A Niedernai, une communauté juive relativement importante a existé jusqu'en début du 20ème siècle. La naissance de cette communauté remonte au 17ème siècle. (4 familles - 16 personnes en 1686). Mais selon Alain Kahn, quelques juifs chassés par l’évêque Albert sont accueilles à Niedernai en 1479. Le quartier juif résidentiel était centré sur la « Judengasse » (rue des Juifs). Les bâtiments de cette communauté se composaient d'une synagogue, d’une école juive, et d’un bain rituel. Pour pouvoir assister aux devoirs religieux de la communauté, un enseignant a été embauché, qui a également travaillé en tant que chantre. La synagogue, datant de 1755 a été vendue en 1925. Elle était, au 18èeme siècle, le siège de l'un des trois grands rabbins en Basse-Alsace et le siège d'un Beit Dîn (tribunal rabbinique) de la Noblesse immédiate d’Alsace. Le rabbinat fut transféré en 1854 à Itterswiller puis en 1867 à Obernai ( rabbinat de Niedernai-Itterswiller-Obernai ) . En 1936, la population juive ne se composait plus que de quatre personnes. Ceux qui ne pouvaient pas quitter Niedernai dans les années suivantes, ont été déportés en 1940 par les allemands en France du Sud. D’autres, natifs ou ayant vécus à Niedernai sont décédés dans des camps de concentration. Quelques noms issus de Niedernai ou ayant séjourné à Niedernai
Le professeur Aron Wolfsohn Dans le livre de Leopold Löwenstein Zur Geschichte der Juden in Fürth (Histoire des Juifs de Fürth), on peut trouver une brève biographie du Pr. Aron Wolfsohn, à Niedernai (Bas-Rhin) en 1754, fils du Dr Wolff. Il a vécu quelque temps à Hambourg et à Berlin (il habite alors chez la famille Beer) et en août 1792, il est professeur puis directeur de la Wilhelmschule de Breslau. En 1807, il est de nouveau à Berlin, professeur des trois frères Beer dont l'un deviendra le compositeur Giacomo Meyerbeer. Il sera membre de la « Société des amis » et proche de David Friedlander. Il meurt à Fürth le 20 mars 1835 à l'âge de 79 ans. Dr John Cerf A Londres, au début du 19e siècle, on peut trouver un Dr John Cerf, apothicaire, né à Niedernai . Behr Bernard Joseph dit être né vers 1780 à Niedernai, choisit à Mutzig le nom de Bruno Bernard et se déclare orfèvre. Joseph ben Menahem Mendel Steinhardt (1720-1776 environ) était un rabbin allemand qui a vécu dans sa dernière année à Schwabach, en Bavière. Son premier poste en tant que rabbin était celui de rabbin de Rixheim, et peu après il a été élu grand rabbin de Haute-Alsace. En 1755, il a été choisi grand rabbin de Nieder-Ehenheim en Basse-Alsace, et huit ans plus tard a été appelé comme rabbin à Fürth, il officiait jusqu'à sa mort. Il était très pieux, et induit le seigneur du manoir de Nieder-Ehenheim d'interdire les hommes et les femmes dansent ensemble. Lazare Weyl était le fils de Moyse, probablement le rabbin de Niedernai, fils de Baruch Weyl, remarié le 15.06.1745 à Niedernai avec Hindelé, fille de Moyse Halphen, de Metz. Jacob Meyer commence sa carrière en tant que rabbin de Niedernai , l'une des principales communautés du Bas-Rhin. C’est en tant que rabbin de cette localité qu'il siégea à l'Assemblée des Notables en 1806 et au Grand Sanhédrin de Paris en 1807. Seligmann Lévy naquit à Niedernai en 1835. Rabbin à Uffholtz de 1863 à 1870, il fut nommé à Durmenach le 12 avril 1870 et y restera jusqu’en 1876. Nathan Netter à Niedernai le 5 janvier 1866 fut d 'abord rabbin à Bouxwiller et à Sarreguemines, avant de présider durant 54 ans aux destinées du judaïsme à Metz et dans le département de la Moselle depuis son installation solennelle à la synagogue de Metz le dimanche 8 juillet 1900
HISTOIRE MOUVEMENTÉE D’UNE ANCIENNE BOUCHERIE JUIVE.
L’immeuble 196 de la rue Principale ne semble à priori se singulariser dans son environnement architectural et pourtant son histoire ne peut nous laisser indifférents. Jusqu’en 1940, cet immeuble était la propriété de la famille Moïse Meyer qui y tenait une boucherie. A l’origine il s’agissait sans doute d’une boucherie juive, c’est à dire kascher, du fait qu’à la veille de la Révolution de 1789, Niedernai comptait une communauté juive de près de 200 individus. Vint l’occupation allemande et avec elle la déportation de la famille Meyer en zone libre, le seul défaut de cette famille étant d’être juive. Elle ne revint plus en Alsace et ce qu’il advint d’elle ne nous est pas connu. Les Allemands confisquèrent tous les biens de la famille et le mobilier fut vendu aux enchères. Le premier étage constitué de trois pièces, servit de siège local au parti nazi qui y exposait son drapeau à croix gammée et y tenait des réunions politiques. Le Ortsgruppenleiter ( chef local ) y avait son bureau et y faisait comparaître les personnes suspectes. S’y tenaient aussi les réunions des organisations féminines du parti ( Bund Deutscher Mädel et Frauenschaft ).
Mon propos n’est pas de faire œuvre d’historien, mais de porter simplement à la connaissance de tous, un ensemble d’informations publiées récemment sur la communauté juive de Niedernai jusqu’en 1808. Une première remarque s’impose : la présence d’une importante communauté juive ( 17% de la population en 1781 ) a fortement marqué les esprits et jusqu’à une date récente la mémoire collective des autochtones en a gardé un souvenir relativement vivace, mais dès que l’on essaie d’obtenir des renseignements précis et fiables sur les derniers résidents, force est de constater que tout s’estompe, que rien n’est sûr et que la tradition orale est défaillante. Force est de recourir aux documents écrits et de se fier aux spécialistes de l’histoire locale. Je me permets donc, avec l’autorisation de l’auteur, de publier ici in extenso l’extrait consacré à Niedernai dans Les communautés juives entre Molsheim et Sélestat sous l’ancien régime et jusqu’en 1808 “, article paru sous la plume du Docteur Marcel Mathis dans l’annuaire 1995 de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Dambach la Ville, Barr et Obernai. Recensement des Juifs : En 1686 : 4 familles - en 1716 : 15 familles - en 1725 : 17 familles - en 1744 : 25 familles - en 1751 : 40 familles - en 1754 : 33 familles - en 1766 : 47 familles - en 1780 : 36 familles - en 1781 : 162 personnes - en 1784 : 188 personnes ( 39 familles ) - en 1807 : 138 personnes - en 1851 : 171 personnes. De cette communauté qui atteignait 17% de la population en 1781, nous savons étonnamment peu de choses. En 1479, l’évêque Albert a chassé les Juifs de ses propres territoires. A la demande du comte palatin ils ont pu être accueillis sur des terres non directement dépendantes de l’évêché, tels Niedernai ( de même à Bischoffsheim, Dachstein, Rosheim ). Quand l’administration provinciale a introduit la division de la représentation juive en 5 cantons au XVIIIe siècle, Niedernai est devenu le siège du préposé de la Noblesse immédiate de Basse-Alsace. On y trouve : - Meyer Weyl ( ? - 1754 ) - Joseph Steinbach ( 1754 - 1762 ) - Isaac Sinzheim ( 1762 - 1766 ) - Jacob Gugenheim ( ? - 1770 ) - Benjamin Hemmendinger ( 1771 - 1793 ). Niedernai était aussi le siège du tribunal rabbinique qui réglait les conflits entre Juifs, touchant la vie conjugale et familiale, l’activité financière et les rapports entre employeurs et employés. Sept registres datant de 1751 à 1777, écrits en judéo-alsacien mêlé d’hébreu ont pu être retrouvés à New York. La seule plainte des Juifs à l’égard de la population date du 2 octobre 1790; ils doivent chercher le pain dans un autre village. En 1777, à la demande de Cerf Berr, les préposés se retrouvent à Niedernai pour délibérer de la création d’écoles talmudiques. En 1784, Benjamin Hemmendinger est rabbin. David Helbronn, chantre. On ne signale curieusement ni domestique ni pauvre. En 1808, on donne le certificat le non-usure à un savonnier et potassier, neuf marchands de lits et plumes, quatre revendeurs et un marchand de plumes, laines et fromages en petit. On remarque l’absence de marchands de bestiaux. On peut compléter utilement le recensement par la liste des familles juives installées à Niedernai d’après le “ dénombrement général des Juifs d’Alsace “ de l’année 1784.
Monument sépulcral de Simon Sée de Niedernai, revendeur, à Oberhagenthal (Haut-Rhin), décédé le 13 avril 1830 à l’âge de 74 ans, fils de Samuel Guntzbürger et de Blümel Isaac, veuf de Judith Weyl (née à Soultz,Haut- Rhin, décédée le 18 décembre 1826 à Niedernai à l’âge de 72 ans). Cimetière Israélite de Rosenwiller ( cliché Inv. Marius Hermenowicz )
Le parti y entreposait aussi ses archives. Au rez-de-chaussée, l’abattoir était réservé aux abattages d’urgence et derrière étaient stockés les produits de pulvérisation et les pulvérisateurs. Chaque lundi, les animaux réquisitionnés et destinés aux abattoirs de Strasbourg étaient rassemblés dans l’étable, tandis que les fournitures obligatoires de produits agricoles ( de la pomme de terre au chanvre ) étaient entreposées dans la grange en attendant d’être chargées sur des camions. Au lendemain de la Libération, l’immeuble servit de dortoir aux prisonniers de guerre allemands travaillant pour le compte des agriculteurs niedernois. Vers 1950, la maison fut vendue à un boucher de Goxwiller qui y ouvrit une succursale et dont la fille créa un magasin Coop après transformation de la pièce sur rue. De nouveau vendue en 1953 à M. Ehrhart Joseph, le voisin, la maison fut transformée pour agrandissement de la Coop après fermeture de la boucherie. Mais la concurrence était rude et le 1er janvier 1988 la Coop de Niedernai dut fermer. Le local servit encore pendant 3 ans aux répétitions d’un groupe de musiciens. En 1967 fut entrepris un toilettage des façades. Sous l’ancien crépi apparut un beau colombage que le propriétaire s’empressa de rénover. Il est bien évident que pendant toutes ces années l’intérieur de l’immeuble avait été mis à rude épreuve, si bien que l’actuel propriétaire a du entreprendre d’importants travaux de rénovation pour en faire une habitation moderne et confortable dans l’espoir que l’histoire de sa maison sera moins turbulente que par le passé.
Cette liste fait apparaître un total de 37 familles, représentant 178 individus. La différence avec les chiffres fournis par le Dr Mathis s’explique sans doute par le fait qu’une famille juive de 7 personnes est recensée ailleurs, mais dans le même dénombrement, sous Niederehenheim et non Niederenheim”. - Jacob Nathan - Isaac Franck - Garçon , Effrain Emanuel - Filles , Ela Nathan - Servantes , Frommet, Hindel, Ela. Manqueraient à l’appel 3 personnes. Cette dernière mention est d’autant plus intéressante qu’elle fait apparaître les noms de trois servantes, alors que le Dr Mathis se plaît à souligner : on ne remarque curieusement ni domestique, ni pauvre “. Faut-il en conclure qu’à Niedernai la communauté juive ne comptait pas de pauvres et que ses domestiques étaient chrétiens, donc non recensé, ou qu’elle n’en avait pas ? L’essentiel est de retenir qu’avec 162 personnes en 1781, la communauté juive constituait à l’époque un pourcentage particulièrement élevé de la population totale estimée près de 1 000 habitants. Cette proportion doit cependant être relativisée, car d’une part Niedernai n’arrive qu’en 5e position après Ottrott ( 33% ), Zellwiller ( 30% ), Itterswiller ( 30% ), Krautergersheim ( 20% ), mais d’autre part, Niedernai comptait sinon plus, du moins autant de familles ou de personnes juives qu’Obernai, sa voisine, dont la population totale était nettement plus importante ( près de 5 000 habitants ).
Ces chiffres confirment la concentration des populations juives dans les villages autour des grands centres qui se montraient souvent moins tolérants envers cette minorité ( expulsions, persécutions, pillages, voire massacres ), mais exerçaient néanmoins une forte attraction sur ces Landjodde de par leurs marchés, d’autant plus que la présence diurne et professionnelle des Juifs n’y a jamais vraiment été mise en cause “, selon le Dr Mathis. Cette situation s’explique facilement par le fait que les Juifs étaient pratiquement interdits de séjour ( nocturne ) à Strasbourg même, dans tous les territoires dépendant directement de l’évêché de Strasbourg, mais aussi dans certaines villes, notamment de la Décapole. Ils n’avaient qu’une ressource : devenir des Landjodde “, c’est à dire s’installer en milieu rural dans des communes plus accueillantes et non directement dépendantes de l’évêché ou de la ville de Strasbourg. Niedernai en faisait partie. Reste à savoir à partir de quand des Juifs se sont installés à Niedernai. Impossible de répondre en l’absence de tout recensement fiable avant la Guerre de Trente Ans ( 1618 - 1648 ). Se référant à des documents écrits, le Dr Mathis signale la première mention d’une communauté juive à Niedernai en 1479. D’un autre côté, pendant la révolte des paysans qui éclata en 1669 et dont les accusations furent écrites à l’évêque de Strasbourg, suzerain des Landsberg en ces termes : Avant cette période et depuis que nous vivons, jamais un Juif n’était ni ne vivait à Niedernai, et maintenant il y en a déjà trois qui y vivent avec femme et enfants “. L’affirmation des plaignants doit naturellement être considérée avec circonspection, car formulée pour les besoins de leur cause. Il se peut très bien aussi qu’entre 1479 et 1669 il y ait eu interruption de la présence de familles juives et que les plaignants aient eu la mémoire courte. Quoi qu’il en soit, cette communauté ne cessa de se développer au cours du 18e siècle pour se stabiliser aux alentours de 36 à 40 familles à l’époque de la Révolution. Et que sont-ils devenus par après ? Cette page reste encore à écrire, mais on peut d’ores et déjà esquisser en grandes lignes le devenir de cette communauté aux siècles suivants. L’émancipation des Juifs le 27 septembre 1791 a fait de ceux-ci des citoyens à part entière, ce qui a incité certains d’entre eux à quitter le milieu rural pour s’intégrer à la bourgeoisie des villes les plus importantes. A Niedernai on note effectivement un fléchissement de la population juive entre 1784 et 1807 puisque de 188 personnes, celle-ci passe à 138, mais en 1851, on recense de nouveau 171 individus. Ce sont deux défaites militaires françaises qui vont sceller le destin des communautés juives rurales. L’annexion de l’Alsace au Reich allemand après la défaite de 1871 va provoquer un premier exode et l’occupation de l’Alsace par les troupes allemandes en 1940 aura raison des dernières communautés juives de notre province.
Traduction de l’inscription sur la tombe : Ici repose Un homme droit et humble, l’honorable Simkha fils de Samuel, de Niedernai, décédé et inhumé le 7e jour de Pessah 590, selon le petit comput. Par son mérite, que son âme soit liée au faisceau des vivants. Amen
Quelques 376 personnes décédées à Niedernai sont inhumées au cimetière de Rosenwiller. Vous trouverez le détail des tombes sur le site du cimetière.
http://judaisme-dev.sdv.fr/cimetieres/rosenwiller/affichage2.php