LE CHÂTEAU DE NIEDERNAI
Sources : - Inventaire de 1979 - Région Alsace - B.C. Niedernai - Albums Blumer - Archives municipales de Strasbourg - La Vie en Alsace de janvier 1936
Extrait du cadastre, section 1, 1891
La façade principale sur cour. Cliché Inv. J. Cl. Stamm
Le château, à droite la tour des cigognes
Le donjon et une partie de la deuxième enceinte
La façade postérieure.
Pignon Sud - Corbeaux sculptés ( d’un ancien oriel d’aisance ? )
Le " donjon " et son enceinte : tour "de la Glacière" à droite et tour " Landsberg " à gauche.
Le " donjon " et la tour " de la Glacière ", vus du sud. Au fond, la tour " Landsberg ".
Photo prise en novembre 1918
Le Glockenturm
Vue de la tour "des Cigognes" et du bâtiment annexe, depuis la cour.
La tour " des Cigognes " et le bâtiment annexe, depuis l'entrée du domaine
Le bâtiment annexe (C) après le sinistre de mai 1980
Bâtiment C. Pierre sculptée datée 1529,armes Landsberg-Uttenheim.
Tour des "cigognes". Escalier. Départ sculpté de médaillons
Tour "des Cigognes" (C). Porte du premier étage
Tour "des Cigognes" (C). Porte de la salle du premier étage. Vue d'ensemble de la serrure
Ferme. Porte Renaissance à médaillons
Ferme. Porte Renaissance à médaillons. Détails
Statue dans le parc
Sculptures sur le mur de la Tour Landsperg
C’est un ensemble de bâtiments restaurés au 19e siècle. Le château proprement dit, construit en 1840 pour le baron Max Henri de Reinach-Werth; a incorporé l’ancien logis seigneurial ( 17e siècle ? ); l’édifice dit donjon, restauré en 1840, était défendu par trois petites tours; il serait un vestige du dispositif de défense de l’ancien château laissé en ruines après 1634; la tour dite des Cigognes datée sans doute du 16e siècle, belle porte Renaissance; l’édifice accolé a été construit ou remanié au 19e siècle en style néo-Renaissance, date portée MCCCCXXXIIII, nombreux remplois, marque de tâcheron.
GÉNÉRALITÉS HISTORIQUES Origines.
Les Landsberg ont fondé deux châteaux à Niedernai, l’un dont il ne subsiste que le donjon ( ? ) transformé en tour-clocher, c’est le Glockenturm; l’autre, au centre du village entouré d’une enceinte et d’un fossé propres à l’intérieur des remparts du “ Staedel “. Le plan de HIMLY restitue le plan général de ce château primitif du 16e siècle. Le château subit des remaniements au 16e et 17e siècles, mais dont seuls les vestiges remployés peuvent témoigner, en l’absence de documents plus précis. Une partie du logis seigneurial ( 16e - 17e siècle ? ) constitue l’aile Est du logis principal. 19e siècle : le domaine comporte plusieurs édifices distincts : - le logis principal ( B ) - le donjon ( A ) - la tour dite des Cigognes ( C ) et la maison attenante - des bâtiments d’exploitation agricoles ( D ). L’état actuel des bâtiments remonte au milieu du 19e siècle ( 1840 - 1841 ), date à laquelle le baron Max Henri Constantin de Reinach-Werth, dont la famille possédait le château depuis 1807, fit construire le logis principal et restaurera les édifices annexes, en remployant de nombreux vestiges, du 16e siècle notamment.
DESCRIPTION 1 - Le logis principal ( B ). Construit en 1840 par le baron Max Henri Constantin de Reinach-Werth, c’est une belle bâtisse en maçonnerie et pierre de taille, de plan rectangulaire, à un étage carré, qui a incorporé l’ancien logis seigneurial. Celui-ci se présentait sous la forme d’un quadrilatère irrégulier ( pan coupé visible sur façade arrière ), dont les fondations étaient peut-être antérieures à la guerre de Trente Ans ( cf. cave ). Des corbeaux encore visibles sur la façade Ouest soutenaient peut-être une échauguette. Marques, Emblème, Monogramme : sur le fronton central de la façade Nord, deux blasons du 19e siècle : Reinach-Werth et Walburg de Breiten-Landenberg. Matériaux, gros-œuvre : maçonnerie, pierre de taille, couverture : tuiles plates anciennes, revêtement : crépi jaune ancien. Distribution : au rez-de-chaussée grande salle éclairée sur les deux faces “; à l’étage, la partie Ouest était habitée par le régisseur et la partie Est par le propriétaire. Sous l’aile Ouest de la maison ( l’ancien logis seigneurial ) pilier de bois assis sur de pierre ( 16e siècle ? ) soutenant la poutraison des planchers de cette partie de l’édifice. Élévations : façade Nord, sur la cour d’entrée : onze travées; au Sud, terrasse créée au 19e siècle sur l’emplacement d’une tour. 2 - Le “ donjon “ ( A ). A l’Est du logis principal, bâti sur une petite éminence, il serait un vestige du dispositif de défense de l’ancien château laissé en ruines après le siège de 1634; il a été restauré en 1840 dans toute la partie supérieure. A l’étage inférieur, une salle la crypte “, le sol en terre battue. Puits de lumière vers l’Ouest, une porte murée sur le mur Ouest et une fenêtre murée sur le mur Sud. Au premier étage, une chapelle ornée de vitraux modernes. On y conservait une colonne torse en grès ( 14e siècle ? ) aux armes des Landsberg, ainsi qu’une statue de la Vierge ( 19e siècle ). La chapelle fut inaugurée le 27 septembre 1840 en présence de l’évêque de Strasbourg. Au deuxième étage, une salle vitrée, avec boulets suédois encastrés dans les murs, ainsi que trois pierres sculptées dont l’une de 1434 employée lors de la restauration les deux autres portant le blason de Reinach- Werth / Walburg de Breiten-Landenberg et le blason de Landsberg-Uttenheim. Au-dessus, la terrasse. Le donjon était défendu par trois petites tours; l’une, rectangulaire, à l’Ouest, surplombait les fossés; la seconde, ou tour de la Glacière, au Nord-Ouest, était relié à la tour dite des Cigognes ( bâtiment C ) et enfin la tour dite Landsberg, l’angle Nord-Est. Les tours ont également été restaurées au milieu de 19e siècle, et décorées de fragments remployés : - orant, en constume fin 16e - début 17e siècle ( fragment de mont funéraire ? ) - fragment de cheminée ( ? ), 17e siècle ( ? ). Dans le mur d’enceinte Nord, face à l’entrée actuelle du donjon existe encore un puits de 8 mètres de profondeur environ, qui serait le départ d’un souterrain reliant le château au Glockenturm, muré par les Allemands lors de la dernière guerre. 3 - La tour “ des Cigognes “ et le bâtiment ( C ) Une tour carrée accolée à un bâtiment rectangulaire orienté Nord-Sud ferme la cour à l’Ouest. La tour carrée faisait partie du dispositif défensif du château et était relié directement à la tour de la Glacière par une courtine. Traces de fondations encore visibles, datation : 16e siècle ?, remaniements : 19e siècle. Marques, Emblèmes, Monogramme : sur le montant gauche de la belle porte Renaissance, au premier étage. Matériaux : maçonnerie de moellons ( murs d’environ 70 cm d’épaisseur ); chambranles en pierre de taille, tuiles plates, crépi. Distribution : entrée au premier étage sur façade Ouest, une salle voûtée ( 16e siècle ? ) refaite au 19e siècle. Salle d’archives ? Des visages décorent les retombées des voûtes. Élévations : au rez-de-chaussée, mur Sud, une porte en plein cintre, demi murée. Des fenêtres rectangulaires sur les murs Nord et Sud. Technique de décor et représentation : une très belle porte Renaissance à montants sculptés de médaillons, très proche de la porte de l’ancienne église paroissial ( mur Nord ). Marque de tâcheron. Étonnante serrure à neuf pênes. Couverture : toit à quatre pans. Couvrement : voûte à nervures ( refaites ? ); retombées : personnages en style néo-médiéval, du 19e siècle ? Escalier : extérieur, droit, montant sculpté à médaillons, identique à la porte de l’étage. Le bâtiment voisin est sans doute une construction du 19e siècle. Pignon à redents, chaînes d’angle, fenêtres style Renaissance, à meneaux, du 19e siècle. En remploi, une belle pierre sculptée au-dessus de l’entrée en plein cintre ( ancienne entrée du cellier ? ). Armes de Wolf de Landsberg, mort en 1546, et de sa seconde femme Anne d’Uttenheim de Ramstein, date 1529. Intérieur complètement remanié, à usage de restaurant ( sinistré en 1980 ). 4 - Parties constituantes ( D ) - Bâtiments d’exploitation agricole, à droite de l’entrée du château. - Chapelle funéraire des Reinach-Werth, au Nord-Est du domaine. - Le puits dans la cour d’honneur.
MAIS QU'EST DEVENU LE CHATEAU ?
Les articles ci-après sont issus des Dernières Nouvelles d'Alsace. UNE SUITE CATASTROPHIQUE
PHY PROMOTION avait vu les choses en grand. Certainement en trop grand. Outre l’acquisition des châteaux de Scharrachbergheim en décembre 2006 et de Niedernai un an plus tard, la petite entreprise basée à Erstein était sur le point d’acquérir la cristallerie de Fontaine-de-Vaucluse dans le Luberon et le château de Bergues dans le Nord. L’investissement global pour réaliser quatre hôtels haut de gamme dans ces bâtisses historiques avoisinait les 50 millions d’euros pour le futur groupe hôtelier, baptisé « Toques et Châteaux, Spa and Wellness Resorts ».
Le château de Niedernai s'est trouvé à un tournant de son histoire lors de sa vente en décembre 2007 à un promoteur immobilier dont l’intention était de le transformer en hôtel quatre étoiles avec construction d’un centre de remise en forme dans le parc. Avant de vendre le château, les anciens propriétaires (Le Pays du Teilleul) ont
À Scharrachbergheim, le Château de la couronne d’or aurait ouvrir ses portes en avril 2009 à l’occasion du sommet de l’OTAN il avait même un temps été suggéré que le président Nicolas Sarkozy y serait logé (DNA du 30/03/2010). L’hôtel flambant neuf aurait accueillir son premier mariage le 2 mai 2009. La noce n’a jamais eu lieu – en tout cas pas à l’endroit prévu. Un temple du bien-être. Le chantier de transformation du château a été stoppé net alors qu’il en était à 70 % d’achèvement. Les 48 chambres et suites de l’hôtel quatre étoiles réparties dans le corps historique du château et dans une annexe n’ont jamais été terminées. Les promoteurs envisageaient également d’aménager une piscine couverte, un spa et une salle de banquet de 150 places. Cela dans le but de ne pas attirer que des touristes d’affaires, mais aussi une clientèle de loisirs. Vingt kilomètres plus au sud, c’est un véritable « temple du bien-être » que Phy Promotion rêvait de bâtir. L’objectif était ni plus ni moins de transformer l’ancien château Landsberg de Niedernai, acquis en décembre 2007 au comte Le Pays du Teilleul, en hôtel de luxe comprenant 85 chambres et suites. Un spa ultra-contemporain de plusieurs étages, avec piscine à débordement et plage sur le toit, petits chalets et villa, devait sortir de terre (DNA du 25/01/2009). Au final, l’entreprise laisse un passif exorbitant de plusieurs millions d’euros. Les entreprises qui ont mené les travaux n’ont jamais été payées, de nombreux emplois ont été supprimés. Au terme d’une enquête d’un an et demi, les trois dirigeants de Phy Promotion, la société qui avait racheté les châteaux de Scharrachbergheim et Niedernai pour les transformer en hôtels de luxe, viennent d’être mis en examen. Ils auraient détourné 2,4 millions d’euros à des fins personnelles, précipitant l’effondrement du projet. C’est à la suite du placement en redressement judiciaire de la société Phy Promotion en avril 2010, puis de sa liquidation, que le parquet de Strasbourg a saisi la division économique et financière de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ). Les enquêteurs avaient pour mission de faire la lumière sur les raisons de la déconfiture d’un ambitieux projet évalué à 27 millions d’euros et qui devait créer 130 emplois à Scharrachbergheim et Niedernai. Pour racheter le château de Scharrachbergheim à son propriétaire qui croule sous les frais d’entretien, Phy Promotion fait appel à une trentaine d’investisseurs privés désireux de profiter d’une opération de défiscalisation. Pour cela, la vente qui s’élève à 2,3 millions d’euros doit impérativement être conclue avant le 31 décembre 2006. Or l’entreprise ne parvient à collecter que 1,5 million d’euros. Pour combler ce manque de trésorerie, Phy Promotion recourt en urgence à un bailleur de fonds privé qui débloque les 800 000 euros. Le contrat de cession est signé juste à temps. Un montage financier complexe Les investisseurs, disséminés à travers toute la France, sont alors à nouveau invités à mettre la main au portefeuille, à hauteur de 800 000 euros. Ils pensent que cet argent doit servir aux travaux de rénovation menés à l’intérieur du château. Les dirigeants leur remettent des factures en ce sens mais ces documents sont des faux : leur mise est en fait destinée à rembourser le bailleur de fonds. Frédéric Rosé, Frédéric Laudamy et son père Yves Laudamy ont échafaudé un montage financier complexe qui leur permet de détourner des fonds à leurs fins personnelles. L’argent des investisseurs transite par une société (MH Construction) qui n’est qu’une coquille vide et dont les comptes sont allègrement ponctionnés par les dirigeants. Dans le même temps, l’administration fiscale procède à de multiples contrôles qui confirment les malversations opérées par Phy Promotion et ses sociétés satellites de conseil et d’étude.D’après les estimations des enquêteurs de la PJ, les trois promoteurs auraient détourné la somme de 2,4 millions d’euros. Argent qui leur a permis de mener grand train : achat de véhicules de grosse cylindrée, voyages à l’étranger, séjours dans des palaces parisiens… Les mis en cause, qui avaient déjà été entendus par les policiers, ont été à nouveau convoqués le 10 avril dans les locaux strasbourgeois de la DIPJ. Ils ont passé 48 heures en garde à vue durant lesquelles ils ont indiqué aux enquêteurs qu’ils avaient cru en leur projet. Placés sous contrôle judiciaire Les trois hommes ont ensuite été présentés au parquet de Strasbourg qui leur a notifié l’ouverture d’une information judiciaire à leur encontre des chefs d’abus de confiance, abus de bien social et banqueroute. Frédéric Rosé, 44 ans, Frédéric Laudamy, 36 ans, et Yves Laudamy, 63 ans, ont été mis en examen par le doyen des juges d’instruction strasbourgeois Jean-Baptiste Poli. Ils ont tous les trois été laissés libres sous contrôle judiciaire. Les investigations se poursuivent désormais sur commission rogatoire pour déterminer les éventuelles autres responsabilités dans ce dossier, le chantier est au point mort depuis le 10 décembre 2008. Les investisseurs s’organisent Les personnes physiques ou morales qui ont investi dans le projet de Scharrachbergheim se sont regroupées autour d’un avocat. Elles espèrent reprendre le château dans le cadre de la liquidation. A Niedernai, les investisseurs ont attaqué les notaires en justice et se sont fait rembourser. Les lots devraient retourner dans les actifs de Phy Promotion. Depuis, le château est à l'abandon en attendant une décision judiciaire.
Les projets de reconversion des châteaux bas-rhinois classés monuments histori- ques ne manquaient pas d’allure. Les deux hôtels auraient accueillir leurs premiers clients respecti- vement au printemps 2009 et courant 2010. Les programmes sont aujourd’hui gelés.
L’intérieur
voulu en assurer la protection et ont demandé son classement auprès du service des monuments historiques. L’arrêté préfectoral portant inscription au titre des monuments historiques date du 30 janvier 2008. A R R Ê T É P R É F E C T O R A L - S.G.A.R.E. 21/08 - En date du 30 janvier 2008 portant inscription au titre des monuments historiques du château de Landsberg - 38 rue du Château à NIEDERNAI (Bas-Rhin). Article 1er : Est inscrit au titre des monuments historiques le château de Landsberg sur l’assiette historique de son terrain en totalité, dont les éléments suivants : le donjon avec les tours Landsberg et de la glacière, son rempart, y compris les substructions et les murs arasés ainsi que tous les éléments lapidaires remployés y compris la colonne torse armoriée et la vasque conchoïdale entre donjon et grand logis seigneurial ; le tertre situé dans le parc au Nord-est du donjon ; le grand logis compris ses parties intérieures ; l’ancien logis seigneurial dont la tour des Cigognes avec son escalier et son avant-corps et le bâtiment à pignons à redents adossé y compris la porte métallique Renaissance du 1er niveau de la tour et tous les éléments lapidaires remployés ; la fontaine circulaire et le puits situés dans la cour; les bâtiments des communs; la chapelle funéraire à l’extrémité Nord-est du domaine en totalité; la clôture du domaine et son portail néo-gothique y compris le ponceau et les fragments de rempart subsistant sur le périmètre du domaine. Situé 38 rue du Château à NIEDERNAI (Bas-Rhin) sur les parcelles 84, 85, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 150, 94, 93, 186, 188, 190, 192, 194, 196, 158 d'une contenance totale de 2ha 80a97 ca figurant au cadastre section 01 et appartenant à Mme Le Pays du Teilleul Servane et Mlle Le Pays du Teilleul Virginie Marie Charlotte Herrade par acte du 24 septembre 1998, publié au Livre Foncier de Niedernai, feuillet n° 2831, 3169, 3170